Il y a des chantiers qui valent plus que leur superficie. Celui que le Niger est en train de finaliser à 63 % d’avancement en fait partie. D’ici la fin octobre, le pays se dotera d’une usine d’assemblage d’équipements électroniques — smartphones, ordinateurs, tablettes — transformant silencieusement mais sûrement sa relation avec la technologie : de simple consommateur à producteur.
Dans un continent où l’essentiel des appareils numériques arrive emballé de l’extérieur, souvent avec une marge commerciale qui enrichit les fabricants étrangers plutôt que les économies locales, cette initiative nigérienne tranche. Elle pose un acte concret dans un débat qui reste trop souvent théorique : celui de la souveraineté technologique africaine.
Assembler localement, c’est créer des emplois qualifiés, former des techniciens, stimuler un tissu de sous-traitants locaux et, progressivement, construire les compétences qui permettront un jour d’aller au-delà du simple assemblage vers une véritable industrie électronique nationale. Le chemin est long, mais il commence toujours par un premier pas. Et ce premier pas, le Niger est en train de le couler dans le béton.
À deux mois de l’ouverture, le compte à rebours est lancé. L’Afrique sahélienne, qu’on décrit trop souvent sous le seul prisme des crises, est en train d’assembler son avenir numérique. Pièce par pièce.
