Il y a des frontières qui font vivre des régions entières. Ressano Garcia est de celles-là. Premier point de passage terrestre entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, ce poste-frontière concentre un flux quotidien de personnes et de marchandises dont l’ampleur dit à lui seul l’importance stratégique du corridor de Maputo pour les deux économies. C’est donc sans surprise que le gouvernement mozambicain, sous l’impulsion du Président Daniel Chapo, a choisi d’en faire un chantier prioritaire.
La première pierre a été posée. Les travaux de modernisation du poste-frontière à guichet unique de Ressano Garcia, dans la province de Maputo, sont officiellement lancés pour un investissement estimé à environ 980 millions de meticals, soit 15,3 millions de dollars. Une enveloppe calibrée pour transformer en profondeur un outil logistique vieillissant dont les insuffisances pénalisent depuis trop longtemps la compétitivité des échanges transfrontaliers.
Le chantier porte sur trois axes complémentaires : la modernisation des infrastructures existantes, la réhabilitation du terminal routier de fret et l’aménagement de voies express destinées à fluidifier la circulation. Trois leviers qui, combinés, visent à réduire les temps d’attente, diminuer les coûts logistiques et offrir aux opérateurs économiques des deux côtés de la frontière un environnement de passage enfin à la hauteur des flux qu’ils génèrent.
Le ministre des Transports et de la Logistique João Jorge Matlombe a insisté sur les retombées attendues pour le corridor de Maputo, artère commerciale vitale qui relie les ports mozambicains aux marchés enclavés d’Afrique australe. Fluidifier Ressano Garcia, c’est fluidifier tout le corridor, alléger les charges pesant sur les transporteurs et rendre les exportations mozambicaines plus compétitives à l’international.
Dans une région où la bataille pour attirer les flux logistiques fait rage entre plusieurs corridors concurrents, moderniser ses infrastructures de passage n’est pas un luxe. C’est une condition de survie économique que le Mozambique a décidé de prendre au sérieux.
